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La boîte à outils

Nos outils d'éducation populaire

Des dispositifs éprouvés, choisis et adaptés en fonction des groupes, des thématiques et de l'objectif pédagogique. Leur point commun : faire circuler la parole et partir du vécu de chacun·e.

Illustration : un mégaphone étincelant tenu par plusieurs mains
Débat mouvant Choisir son camp, écouter, se déplacer : décortiquer une affirmation clivante.

Læ facilitateur·ice propose une affirmation clivante et demande aux participant·es de se répartir dans l'espace en deux groupes : « d'accord » et « pas d'accord ». Dans ce jeu il faut choisir son camp ! Chaque camp a alors cinq minutes de discussion collective pour développer des arguments, communs à tout le groupe ou non.

Et comme le débat est mouvant, le placement en groupe est voué à évoluer : à chaque argument énoncé, chaque personne est libre de rejoindre le camp d'en face pour manifester son accord avec l'argument, ou au contraire de quitter son propre camp. Il s'agit de reconnaître qu'un argument est valide ou nous a touché·e, la position de fond reste libre.

Le but est de décortiquer l'affirmation et de faire émerger les différentes représentations qui l'entourent, dans les meilleures conditions possibles de discussion.

Rivière du doute Se positionner physiquement entre « oui » et « non » pour observer ses certitudes et ses doutes.

La rivière du doute invite les participant·es à se positionner physiquement entre deux pôles (« oui » / « non ») en réponse à une série d'affirmations. Les questions portent sur le rapport personnel à un sujet : ce que l'on comprend, ce que l'on croit savoir, le degré d'information, d'aisance ou d'engagement.

Les affirmations sont volontairement variées, parfois contradictoires entre elles, afin de permettre à chacun·e d'observer ses propres écarts de positionnement selon la manière dont une question est formulée. L'outil vise une auto-observation, en amont du débat : où je me situe, qu'est-ce qui me rend à l'aise ou hésitant·e, où se joue mon sentiment de légitimité.

La rivière du doute permet ainsi de rendre visibles les zones de certitude, de doute et d'inconfort, et d'ouvrir une réflexion collective sur la construction des savoirs, des engagements et des postures, dans un cadre bienveillant.

Molécule de l'identité Prendre conscience des multiples dimensions de nos identités sociales.

La molécule de l'identité permet de prendre conscience des multiples dimensions de nos identités sociales. À partir de questions ciblées, les participant·es se positionnent selon les aspects de leur identité qui leur semblent les plus visibles, importants, sensibles ou marquants.

Les échanges qui suivent mettent en lumière la diversité des vécus, les expériences communes comme les différences, et ouvrent une réflexion sur les notions de privilèges, d'oppressions et de représentations sociales. Cet outil favorise l'écoute, l'empathie et une meilleure compréhension des dynamiques qui peuvent se jouer pour soi-même et pour les autres.

Porteur·euse de paroles Faire émerger des paroles singulières dans l'espace public, en toute confiance.

Læ porteur·euse de paroles est un outil d'éducation populaire qui permet de faire émerger des paroles singulières dans un espace public. Installé dans un lieu de passage (rue, festival, hall d'un lycée…), il repose sur une ou plusieurs questions affichées qui invitent à s'arrêter, réfléchir, et, si on le souhaite, partager son propre vécu.

Les réponses recueillies de façon anonyme sont ensuite affichées, formant une mosaïque de récits, d'expériences et de ressentis. Cela donne à voir la diversité des vécus et encourage chacun·e à réfléchir à ses propres représentations et à celles des autres.

Arpentage Lire un livre à plusieurs pour désacraliser le savoir et partager la parole.

L'arpentage est une méthode de lecture collective qui consiste à découper un livre ou un texte en plusieurs parties, réparties entre les participant·es. Chacun·e lit son extrait, puis le groupe partage ce qu'il en a compris, ce que cela lui évoque, ce qui résonne ou questionne.

Les échanges mêlent les ressentis, expériences et échos personnels (savoirs dits « chauds ») et les éléments de compréhension, d'analyse et de mise en perspective apportés par le texte (savoirs dits « froids »). Chacun·e peut participer pleinement, même en ayant lu seulement son extrait : c'est le principe.

L'arpentage vise à désacraliser le savoir et l'objet livre, à rendre accessibles des pensées parfois complexes, et à favoriser un partage égalitaire de la parole, quelles que soient les trajectoires ou les niveaux de familiarité avec la lecture ou le sujet abordé. Issu des cercles ouvriers de la fin du XIXᵉ siècle, cet outil a été développé comme un moyen de se réapproprier collectivement le savoir et d'ouvrir la discussion sur des sujets sociaux et politiques.

Auto-défense verbale S'entraîner à répondre aux situations d'agression et renforcer sa légitimité à poser des limites.

L'auto-défense verbale se pratique dans les milieux féministes depuis les années 70. C'est un ensemble d'outils qui permettent de s'entraîner à répondre à des situations d'agression, notamment sexistes, en explorant différentes manières de réagir. Les participant·es testent des réponses possibles, adaptées à leurs capacités, à leur contexte et à leurs limites.

L'objectif est de multiplier les options plutôt que de chercher une « bonne réponse » unique : comprendre ses réactions automatiques et renforcer la légitimité à poser des limites. L'auto-défense verbale vise à développer le pouvoir d'agir, à réduire la culpabilité et à permettre à chacun·e de choisir ce qui lui convient le mieux face à une situation donnée.

Groupe d'interview mutuel (GIM) Une écoute active à trois pour construire la connaissance collectivement.

L'objectif du GIM est d'encourager la conscientisation et la réflexion critique à travers la prise de parole. Læ facilitateur·ice forme des groupes de trois personnes à qui est posée une question.

Chaque personne a un temps de parole donné (variable selon l'âge du public et l'objectif) tandis que les autres offrent une écoute active, en dehors de tout jugement, positif ou négatif. Cela permet une participation active et égalitaire et un partage d'expériences pour construire la connaissance collectivement.

Le GIM est suivi d'un temps de restitution collectif où l'on explore ce qui a été commun dans les récits partagés, comme ce qui a été différent.

Cette liste grandit au fil des projets : chaque intervention est l'occasion d'adapter un outil existant ou d'en inventer un nouveau, avec les personnes concernées.

Un outil vous intrigue ?

On vous raconte comment il prend vie en séance, et ce qu'il peut apporter à votre groupe.